L’année qui se termine aura été particulièrement chargée pour notre organisation et pour les productrices et producteurs de la Chaudière-Appalaches. Plus que jamais,nous avons dû être au rendez-vous, faire preuve de vigilance et nous mobiliser pour défendre notre territoire, nos entreprises et notre capacité de produire.
L’agriculture rythme les journées, dicte les horaires et influence inévitablement la vie familiale. Ainsi, que vous soyez productrice ou conjointe, directement impliquée dans l’entreprise ou contribuant autrement à la vie agricole, cette année est l’occasion de reconnaître votre apport inestimable. C’est dans cet esprit que je tiens à souligner l’Année internationale des agricultrices. À vous toutes, merci.
Le développement énergétique aura occupé une place importante dans nos interventions. Le projet de ligne de transport d’Hydro-Québec, l’axe Appalaches–Bas-Saint-Laurent, en est un exemple majeur. Notre rôle est clair : défendre les intérêts des productrices et producteurs touchés, faire valoir leurs réalités et travailler à réduire au maximum les impacts sur les terres agricoles, les érablières et les entreprises. Nous devons porter une attention particulière aux conséquences que peuvent avoir ces grands projets, notamment lorsque la possibilité d’expropriation entre en jeu.
À cela s’ajoute le développement accéléré de la filière éolienne. Les sollicitations des promoteurs se multiplient sur notre territoire, jusque dans nos terres cultivées et nos érablières. Chaque hectare (ha) compte. Au Québec, nous ne disposons que de 0,24 ha de terre en culture par habitant, comparativement à 0,42 ha en France. Notre marge de manœ uvre est limitée. Le
développement énergétique est nécessaire, mais il doit se faire en préservant au maximum cette ressource rare et non renouvelable qu’est notre territoire agricole. Les décisions prises aujourd’hui ne doivent pas compromettre notre capacité de produire demain.
Produire et protéger : deux responsabilités qui vont de pair
L’agroenvironnement aura également marqué notre année. L’adoption du nouveau Règlement sur les pratiques agroenvironnementales (RPAE), dont l’entrée en vigueur se fera progressivement à compter du 1er janvier 2027, représente un changement important pour plusieurs entreprises agricoles.
Après les nombreuses préoccupations soulevées par le projet initial, l’UPA participe aux travaux avec le ministère de l’Agriculture, des Pâcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) afin que sa mise en œ uvre soit réaliste, applicable dans nos champs et adaptée à la réalité de nos entreprises.
Mais notre engagement envers l’environnement ne se limite pas à la réglementation. Ici même, en Chaudière-Appalaches, de nombreux projets agroenvironnementaux témoignent de la volonté des productrices et producteurs de faire partie de la solution.
Le programme ALUS (Alternative Land Use Services) en est un exemple concret. Pour poursuivre et amplifier ce type d’initiatives, nous avons besoin d’un financement durable et de partenaires engagés. J’invite notamment nos municipalités régionales de comté (MRC) à contribuer financièrement au programme ALUS, car la protection de l’eau, des sols, de la biodiversité et de notre territoire profite à l’ensemble de la population. Soutenir ces initiatives, c’est investir dans un
véritable projet de société.
Une force collective
Une année aussi exigeante nous rappelle toute l’importance de notre organisation et de celles et ceux qui la font vivre.
Je remercie sincèrement les membres de notre conseil d’administration (CA) pour le temps qu’ils consacrent à notre organisation et pour leur précieuse contribution.
Je veux également souligner le travail remarquable des membres de notre personnel. Chaque jour, leur expertise, leur professionnalisme et leur dévouement sont mis au service des productrices et producteurs de la région.
Enfin, je souhaite exprimer ma reconnaissance envers mes deux acolytes, Mme Natacha Lagarde et M. René Roy, pour leur appui essentiel. Leur présence et leur collaboration facilitent mon travail au quotidien et nous permettent d’avancer ensemble dans les nombreux dossiers qui nous occupent.
Les défis ne manqueront pas au cours de la prochaine année. Un nouveau gouvernement sera en place, avec lequel nous devrons établir le dialogue et poursuivre notre travail de représentation. Pour y faire face, nous pourrons compter sur ce qui fait notre force depuis toujours : notre solidarité, notre implication et notre volonté collective de défendre l’agriculture d’aujourd’hui tout en bâtissant celle de demain.
Le président,
James Allen