À 34 ans, Cynthia Couture incarne une nouvelle génération de femmes agricultrices engagées, qui conjuguent responsabilités familiales, leadership et implication syndicale avec conviction. Gestionnaire aux Ruchers Chaudière-Appalaches (entreprise aussi connue pour la marque de commerce «Le miel d’Émilie»), à Saint-Sylvestre, elle est aussi maman de trois jeunes enfants âgés de 9, 3 et 2 ans.

Au sein de l’entreprise familiale de son conjoint, Cynthia joue un rôle central dans la coordination des activités agricoles. Elle est responsable de l’élaboration et de la coordination de la production apicole et acéricole, de la gestion des entrepôts de matières premières, du ravitaillement des usines ainsi que de la traçabilité du miel. Elle coordonne également l’arrivée et le suivi d’une vingtaine de travailleurs étrangers temporaires chaque printemps et assure toute la logistique liée aux déplacements des ruches, notamment pour la pollinisation des bleuets sauvages au Lac-Saint-Jean.
« Je suis un peu celle qui aligne les choses pour que tout fonctionne », résume-t-elle avec simplicité, soulignant le travail d’équipe constant avec son conjoint et les autres membres de la famille impliqués dans l’entreprise.
Une implication syndicale porteuse de sens
Très tôt, Cynthia a ressenti l’importance de s’impliquer syndicalement. Administratrice à son syndicat local de l’Union des producteurs agricoles, elle siège au poste d’agricultrice et agit comme vice-présidente des Agricultrices de la Chaudière-Appalaches-Ouest.

Pour elle, l’implication syndicale permet avant tout d’être informée et d’informer ses pairs, de comprendre les enjeux et de se donner le pouvoir agir. « Ça nous aide à mieux connaître les droits des producteurs agricoles, à anticiper les impacts de certains projets sur notre territoire et à intervenir plus rapidement lorsqu’un dossier concerne directement le milieu agricole », explique-t-elle.
Son rôle au sein du conseil d’administration est aussi motivé par une volonté claire : représenter les productrices de sa région et encourager une plus grande présence féminine dans les instances. Pendant plus de dix ans, Cynthia a été la seule femme à siéger à son syndicat local. Une expérience marquante, mais formatrice : « On n’a pas toujours la même vision des choses. La mixité apporte une autre lecture, une autre sensibilité. Et c’est essentiel dans les décisions qui touchent l’agriculture. »
Donner confiance aux femmes
Selon Cynthia, bien que les femmes soient de plus en plus présentes en agriculture, elles demeurent sous-représentées dans les postes décisionnels: « La plupart des femmes hésitent parce qu’elles ont l’impression de ne pas être à la hauteur. Pourtant, on l’est toujours. Chacune apporte ses forces. »
Elle croit fermement que les syndicats peuvent faire encore plus pour favoriser cette implication, notamment en facilitant la conciliation travail-famille, en permettant à des membres d’assister à certaines rencontres syndicales à titre d’observatrices ou d’observateurs, et en rendant les instances plus accessibles :
« Parfois, il suffit de voir comment ça fonctionne pour avoir envie de lever la main. »

Une fierté collective
Si Cynthia est fière de son parcours, elle l’est surtout des occasions qu’on lui a offertes et des projets auxquels elle a contribué : participation à des comités, implication dans des formations, mise en place d’outils de communication durant la pandémie, et collaboration à divers dossiers régionaux et provinciaux.
Son engagement s’étend aussi au-delà du milieu agricole. Elle est vice-présidente des fêtes du 200e anniversaire de Saint-Sylvestre, prévues en 2028, administratrice de la Fondation de l’École L’Astrale, membre du Réseau sentinelle apicole du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) et du comité régional de pollinisation.
Pour Cynthia, l’implication n’a jamais été un fardeau : « Le réseautage permet de briser l’isolement, de s’entraider et de grandir ensemble. C’est aussi un bel héritage à transmettre à nos enfants. »
En les amenant parfois aux ruchers, elle leur montre concrètement l’importance de l’agriculture, de l’environnement et de l’engagement collectif : « S’impliquer, c’est aussi contribuer à bâtir une agriculture durable et une communauté plus forte. »
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Renseignements :
Diana Sifuentes
Technicienne en communication et marketing | Fédération de l’UPA de la Chaudière-Appalaches
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